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Le cycle de la violence psychologique

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Théorisé par la psychologue Leonore Walker c’est un processus circulaire qui explique comment l’emprise s’installe et se maintient dans un couple.

Les 4 phases  :

  1. La tension = l’agresseur accumule de la frustration. Il est irritable, utilise des reproches, des silences pesants ou des regards menaçants. La victime tente de « marcher sur des œufs », apaise l’autre, nie ses propres besoins pour éviter l’explosion. Elle se sent responsable du calme.
  2. L’agression dans un système de « crise » =  la tension éclate sous forme de tension verbale(insultes), psychologiques (menaces), physique ou sexuelle. La victime est sous le choc, se sent impuissante, humiliée et souvent en état de sidération.
  3. La justification (transfert de la faute, inversion de la culpabilité) =  L’agresseur minimise l’acte ou trouve des excuses extérieures (stress, alcool, travail) mais surtout il « rejette » la faute sur la victime (« Si tu n’avais pas dit ça, je n’aurais pas réagi comme ça »). La victime commence à douter de sa perception, cherche à comprendre l’agresseur et finit par accepter une part de responsabilité.
  4. La lune de miel (une forme de manipulation) =  L’agresseur demande pardon, promet de changer, fait des cadeaux ou redevient l’homme/la femme idéal(e) du début. La victime veut croire à ce changement. Attention c’est à ce stade que l’espoir renaît et que l’attachement traumatique se renforce, rendant le départ très difficile.

Au fil du temps, la phase de Lune de miel disparaît et le cycle s’accélère : la tension et les agressions deviennent de plus en plus rapprochées et graves. C’est ce qu’on appelle l’escalade de la violence. C’ est sans doute la plus redoutable, car c’est elle qui crée l’attachement traumatique. Elle agit comme une drogue psychologique qui brouille la perception du danger.

Pourquoi ?

Mécanisme du renforcement intermittent (effet Casino): mécanisme de dépendance très puissant = L’agresseur n’est pas méchant 100 % du temps. Il alterne entre cruauté et tendresse extrême. Le cerveau de la victime reste en alerte, guettant désespérément le prochain signe d’affection. Cette incertitude crée une addiction biochimique (dopamine lors du retour au calme, cortisol pendant la tension).

Mécanisme de l’espoir de retrouver le « vrai » partenaire = Pendant la lune de miel, l’agresseur redevient la personne dont la victime est tombée amoureuse. La victime perçoit juste l’agression comme une anomalie et la lune de miel comme la réalité, alors que c’est l’inverse dans un système de contrôle coercitif.

Mécanisme de Dissociation et Déni = pour survivre psychologiquement à la violence de l’agression, le cerveau met en place des mécanismes de défense : coupe de ses émotions pour ne plus ressentir la douleur (dissociation),  la crise passée, le soulagement est tel que le cerveau « efface » ou minimise la violence subie pour préserver le lien familial ou amoureux (déni).

Mécanisme de l’investissement émotionnel = l’agresseur utilise souvent cette phase pour rappeler tout ce qu’ils ont construit ensemble (enfants, projets, passé) et surtout se positionne en victime de ses propres démons (« Aide-moi à changer », « Je ne suis rien sans toi »). La victime se sent alors investie d’une mission de sauvetage, transformant son statut de victime en celui de « seul soutien possible » (sauveur).

Mécanisme de l’escalade = le cycle subit une transformation structurelle : Les phases de lune de miel deviennent de plus en plus courtes et à terme elle disparaît totalement. La victime est alors dans un état d’impuissance acquise : elle est tellement épuisée qu’elle n’a plus l’énergie mentale pour concevoir une sortie.

Attention : Il faut diffférentier le concept de cycle de la violence qui décrit le mouvement (le comment) dans les  violences conjugales tandis que le contrôle coercitif décrit la structure de la relation (le « quoi »).