Il est important de ne rien faire !
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Dans ma pratique clinique, j’ai pu constater et particulièrement chez les patients présentant un trauma complexe, des schémas d’hypervigilance ou une tendance à la sur-adaptation que la simple pensée de « ne rien faire » est perçu comme une menace voire une faute.
Ces patients (vous) expriment souvent une culpabilité intense dès qu’ils ne sont pas engagés dans une tâche productive. Pour un système nerveux l’immobilité est égal à de la paresse, à de l’inutilité, voire à un danger. De plus s’arrêter, c’est laisser remonter les angoisses ou le vécu émotionnel.
C’est précisément pour déconstruire ce blocage que le concept proposé par Albert Moukheiber offre un cadre psychoéducatif particulièrement utile et intéressant.
Il s’inscrit dans la réflexion sur l’art de « ne rien faire ».
« Jeter 30 minutes à la poubelle » repose sur plusieurs principes clés :
(1) S’extraire de l’injonction à l’optimisation permanente car dans nos sociétés, le temps est constamment monétisé et rentabilisé. Si l’on ne travaille pas, on nous incite à écouter un podcast instructif, lire un livre…
L’idée serait alors de jeter sciemment 30 minutes par jour à la poubelle = autoriser son cerveau à consacrer du temps à une activité totalement improductive et surtout sans culpabilité et sans chercher à en tirer le moindre résultat.
(2) Différence entre repos passif et repos actif : Regarder des vidéos courtes, consulter ses réseaux sociaux ou lire les informations = activités qui sollicitent intensément l’attention et fatiguent le réseau cérébral = du faux repos !
Jeter 30 minutes = regarder par la fenêtre, flâner, laisser vagabonder ses pensées (la réverie) = vrai repos !
(3) Activer le réseau par défaut (j’en ai déjà parlé) : neuroscientifiquement quand le cerveau n’est pas engagé dans une tâche orientée vers un but, le réseau par défaut s’active = le cerveau peut alors consolider les informations, trier les souvenirs, laisser de la place pour traiter les émotions et réguler le stress, favoriser la créativité…
Jeter 30 minutes par jour, ce n’est pas « perdre son temps », c’est décider consciemment de ne pas l’utiliser pour produire. Cette stratégie de régulation attentionnelle et nécessaire pour éviter le surmenage et la surcharge cognitive en accordant à son cerveau une vraie pause.
Pour approfondir : vidéo sur l’importance de ralentir et d’accepter l’inproductivité qui permet de préserver sa santé mentale.
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