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Pour quelques jours, les récits ne franchiront plus la porte et le téléphone restera silencieux.

Mon blog

Le cabinet est fermé.
Le fauteuil, le canapé, les jouets et les livres sont restés à leur place ; les dossiers provisoirement suspendus. Pour quelques jours, les récits ne franchiront plus la porte et le téléphone restera silencieux.
Je suis en vacances.
Cette année a été riche en expériences, en rencontres et en apprentissages. Ma pratique clinique, mon diplôme universitaire en trauma complexe et trouble dissociatif, ainsi que l’écriture de mon mémoire sur la dissociation chez l’enfant ont profondément nourri ma réflexion. Lire les travaux sur la dissociation, le trauma précoce, l’attachement et le développement sans chercher à produire. Lire pour comprendre, mais aussi pour me laisser surprendre.

Dans mon cabinet, vous le savez, je reçois les traces de ces expériences, de vos expériences : des corps en alerte, des souvenirs morcelés, de la dissociation, de la honte, de la culpabilité et des années organisées autour de la survie. La clinique m’a appris à ne pas considérer vos réactions traumatiques comme des fragilités individuelles isolées mais comme faisant sens dans une histoire, dans vos histoires. Ils peuvent constituer les réponses d’un système nerveux exposé à l’imprévisibilité, au danger ou à l’absence de sécurité. Ces expériences peuvent également nourrir des phobies internes : la peur des émotions, des souvenirs, des réactions corporelles ou encore de certaines parties de soi.
Mon cadre thérapeutique ne consiste pas seulement à faire disparaître des symptômes. Il s’agit aussi de restaurer progressivement une expérience de sécurité, de redonner une cohérence à ce qui a été vécu, de vous permettre de retrouver une capacité d’agir là où vous avez du  longtemps dû subir, de restaurer une continuité entre les différentes expériences de soi.

Ces vacances vont m’offrir un temps de repos, mais aussi de lecture et de réflexion. Je souhaite ralentir, laisser décanter cette année, reprendre des forces et continuer à m’interroger. Je lirai pour approfondir mes connaissances, mais aussi pour remettre en question mes certitudes et faire évoluer ma pratique.
Être considérée comme une professionnelle experte ne signifie pas que je n’ai plus rien à apprendre, au contraire.
Je ne pars pas en vacances pour cesser de penser. Je pars pour penser autrement.
Pour revenir avec davantage de disponibilité auprès de vous, mes patients pour poursuivre mon travail clinique et continuer à écouter, comprendre, soigner.
Le cabinet est silencieux, mais le travail de réflexion continue : dans les lectures, dans l’écriture et dans les questions que la clinique ne cesse de faire naître.

Bel été !