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« De l’hyperactivité à la dissociation : Quand la violence brise les mécanismes de défense »

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Auteurs : Taro Endo, Toshiro Sugiyama et Toshiyuki Someya

Voici une synthèse des points clés de l’ étude (lien en bas de l’article) sur les liens entre le TDA/H, l’adversité infantile et les troubles dissociatifs.

L’étude met en avant les liens et  l’interaction entre le TDAH et l’émergence de symptômes dissociatifs (cognitifs, émotionnelles, corporelles, somatiques). Elle porte sur 36 enfants (moyenne d’âge 10,7 ans) hospitalisés en unité spécialisée pour victimes de violences. L’étude révèle une forte prévalence de troubles chez ces enfants victimes :

  • 67 % présentent un TDAH.

  • 59 % souffrent d’un trouble dissociatif (TD).

  • 18 % manifestaient déjà des symptômes de TDAH avant les violences.

On peut ainsi observer :

  • un fort lien TDA/H-Dissociation : Qu’il soit présent avant ou après le traumatisme, le TDAH est fortement lié au développement d’un trouble dissociatif (plus de 50 % des cas dans les deux groupes). Les enfants présentant le TDA/H le plus sévère sont souvent ceux qui ont un trouble dissociatif comorbide (en plus).

  • Un facteur Héréditaire non négligeable : Les enfants ayant un TDA/H préexistant aux violences ont souvent des parents présentant eux-mêmes des symptômes de TDA/H marqués.

  • L’impact du Traumatisme : Si l’étude interrogeait initialement l’origine du TDA/H (causé ou non par la violence), les connaissances actuelles suggèrent plutôt que la violence et le stress post-traumatique aggravent un terrain neurologique déjà fragile, rendant les mécanismes de compensation inefficaces (stratégies de régulation).

Les auteurs soulignent que le TDA/H et les troubles dissociatifs s’exacerbent et s’influencent mutuellement. Ils insistent sur une double nécessité clinique : (1) Dépister le TDA/H chez les enfants victimes de violences ; (2) Rechercher des troubles dissociatifs chez les enfants diagnostiqués TDA/H.

La violence ne crée donc pas nécessairement le TDA/H, mais elle agit comme un médiateur qui intensifie les symptômes et favorise l’apparition de troubles dissociatifs complexes.

Référence : Endo, T., Sugiyama, T., & Someya, T. (2006). Attention‐deficit/hyperactivity disorder and dissociative disorder among abused children. Psychiatry And Clinical Neurosciences, 60(4), 434‑438. https://doi.org/10.1111/j.1440-1819.2006.01528.x