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Confusion entre le « plaisir de consommer » et le « besoin de consommer » !!!

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En addictologie, la confusion entre le « plaisir de consommer » et le « besoin de consommer » (le craving) est l’un des principaux freins à la déculpabilisation du patient. Réduire le craving à une simple question de « volonté » est une erreur clinique : c’est un phénomène neurobiologique et psychologique qui s’impose au sujet.

Le craving demeure le symptôme central des troubles addictifs, constituant un marqueur clinique très important  de l’addictive. Il reste cependant  souvent mal défini et en conséquence, mal compris par les patients. Le réduire à une simple envie irrépressible de consommer est une simplification qui constitue un obstacle important à la psychoéducation et à la qualité de la prise en charge thérapeutique.

Le craving est un phénomène PLUS complexe et multidimensionnel.

Il associe plusieurs registres qui s’intriquent : (1) une dimension psychique = Discours interne = pensées obsessionnelles et envahissantes, envahissement cognitif (« Juste un verre », « Ça va me calmer »), déclenchées par des stimuli internes (émotions, stress) ou externes (contextes, lieux, personnes) = Ces pensées ne sont pas des ordres, mais des symptômes de la maladie ; (2) une dimension physique = Le « Corps qui parle » = le corps réactive une mémoire somatique du produit = manifestations somatiques telles que tremblements, sueurs, palpitations, parfois sensation de goût du produit et montée d’angoisse  Cette manifestation est souvent vécue comme une urgence vitale(similaire à la faim ou la soif intense) ; (3) une dimension comportementale = l’impulsion de passage à l’acte (« j’y vais »), souvent vécue comme automatique ou difficilement contrôlable ; (4) une dimension neurobiologique = Le « Moteur »= activation des circuits de la récompense et de la motivation est hyper-réactif + réseaux fronto-limbiques (contrôle inhibiteur) est affaibli.